Homélie Assomption 2026
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » Au cœur de l’épisode de la Visitation, saint Luc met sur les lèvres de la Vierge Marie le premier cantique du Nouveau Testament. La jeune fille de Nazareth vient d’arriver chez sa cousine, et elle laisse éclater sa joie devant les merveilles que le Seigneur a faites pour elle. L’ange Gabriel, en effet, lui a annoncé qu’elle avait été choisie par Dieu pour donner naissance au messie. Marie est remplie d’action de grâce pour la faveur insigne dont elle fait l’objet. Le Seigneur s’est penché sur son humble servante et, plus que toutes les femmes, elle a trouvé grâce à ses yeux. Elle est appelée à mettre au monde le Fils du Très-Haut et à lui donner le nom de Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve ». Car l’enfant à naître n’est pas seulement le roi d’Israël. Il est aussi son sauveur.
Marie, la fille de Sion, se réjouit donc du salut accordé à son peuple tout autant que de l’élection dont elle a fait l’objet. Les quatre premiers versets du magnificat la concernent personnellement. Elle s’écrie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! ». Puis : « Tous les âges me diront bienheureuse », et encore : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ». Marie reconnaît humblement l’œuvre du Seigneur dans sa propre vie. Et son regard s’étend ensuite à tout le peuple de Dieu. Dans les six versets qui suivent, la jeune cousine d’Élisabeth ne parle plus à la première personne. Elle chante les merveilles opérées par Dieu pour tout le peuple. L’avènement du messie apporte le salut à tous les fils d’Israël. Un salut dont Marie est la première à bénéficier puisqu’elle reconnaît en Dieu son Sauveur.
Ce cantique par lequel s’ouvre la Nouvelle Alliance n’est pas sans rappeler un autre cantique. Aussitôt après la traversée de la mer Rouge, une femme prend son tambourin et entonne la louange du Très-Haut pour les exploits qu’il vient d’accomplir en faveur de son peuple (Ex 15). Cette femme est la sœur de Moïse. Elle s’appelle Miryam, c’est-à-dire « Marie ». Son chant d’action de grâce mentionne la déroute de Pharaon et de ses armées. Mais il fait également allusion à la conquête de la Terre promise, qui n’a pas encore eu lieu. Miryam, célèbre le salut que le Seigneur offre à son peuple et dont la traversée de la mer Rouge ne constitue encore que les prémices.
Placés tous les deux sur les lèvres d’une femme appelée Marie, le premier cantique de l’Ancien Testament et le premier cantique du Nouveau Testament peuvent être lus en parallèle. Ils invitent l’un comme l’autre à l’action de grâce pour le salut. Un salut qui n’est pas encore pleinement accompli, mais qui a déjà commencé à se manifester.
Frères et sœurs, en cette solennité de l’Assomption, nous célébrons le jour où la Vierge Marie est entrée au ciel avec son corps et son âme. Comme son Fils, elle a traversé les eaux de la mort sans connaître la corruption. Avec tous les bienheureux de l’Apocalypse, elle se tient désormais sur le bord de la mer et elle chante « le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau » (Ap 15, 3). Marie, la nouvelle Miryam, entraîne tout le peuple des rachetés dans une immense action de grâce pour le salut qui nous est donné. Dans la gloire céleste, elle chante son magnificat, le cœur débordant de joie, jusqu’à la fin des temps.
La liturgie de ce jour, frères et sœurs, nous donne un écho de cette action de grâce de Marie dans l’éternité. Au fond de notre cœur, nous percevons le son de son tambourin qui nous invite à chanter avec elle la louange du Rédempteur. Oui, dans cette Eucharistie, nous sommes associés nous aussi au mystère pascal. Nous traversons la mort nous aussi pour vivre avec le Christ. Nous avons déjà part au salut nous aussi. Et même s’il n’est pas encore pleinement accompli en nous, nous pouvons chanter dès maintenant avec la nouvelle Miryam : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » Amen.
+ Fr. Jean-Vincent Giraud, abbé
Homélie Assomption 2026
Le chant de Miryam
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » Au cœur de l’épisode de la Visitation, saint Luc met sur les lèvres de la Vierge Marie le premier cantique du Nouveau Testament. La jeune fille de Nazareth vient d’arriver chez sa cousine, et elle laisse éclater sa joie devant les merveilles que le Seigneur a faites pour elle. L’ange Gabriel, en effet, lui a annoncé qu’elle avait été choisie par Dieu pour donner naissance au messie. Marie est remplie d’action de grâce pour la faveur insigne dont elle fait l’objet. Le Seigneur s’est penché sur son humble servante et, plus que toutes les femmes, elle a trouvé grâce à ses yeux. Elle est appelée à mettre au monde le Fils du Très-Haut et à lui donner le nom de Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve ». Car l’enfant à naître n’est pas seulement le roi d’Israël. Il est aussi son sauveur.
Marie, la fille de Sion, se réjouit donc du salut accordé à son peuple tout autant que de l’élection dont elle a fait l’objet. Les quatre premiers versets du magnificat la concernent personnellement. Elle s’écrie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! ». Puis : « Tous les âges me diront bienheureuse », et encore : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ». Marie reconnaît humblement l’œuvre du Seigneur dans sa propre vie. Et son regard s’étend ensuite à tout le peuple de Dieu. Dans les six versets qui suivent, la jeune cousine d’Élisabeth ne parle plus à la première personne. Elle chante les merveilles opérées par Dieu pour tout le peuple. L’avènement du messie apporte le salut à tous les fils d’Israël. Un salut dont Marie est la première à bénéficier puisqu’elle reconnaît en Dieu son Sauveur.
Ce cantique par lequel s’ouvre la Nouvelle Alliance n’est pas sans rappeler un autre cantique. Aussitôt après la traversée de la mer Rouge, une femme prend son tambourin et entonne la louange du Très-Haut pour les exploits qu’il vient d’accomplir en faveur de son peuple (Ex 15). Cette femme est la sœur de Moïse. Elle s’appelle Miryam, c’est-à-dire « Marie ». Son chant d’action de grâce mentionne la déroute de Pharaon et de ses armées. Mais il fait également allusion à la conquête de la Terre promise, qui n’a pas encore eu lieu. Miryam, célèbre le salut que le Seigneur offre à son peuple et dont la traversée de la mer Rouge ne constitue encore que les prémices.
Placés tous les deux sur les lèvres d’une femme appelée Marie, le premier cantique de l’Ancien Testament et le premier cantique du Nouveau Testament peuvent être lus en parallèle. Ils invitent l’un comme l’autre à l’action de grâce pour le salut. Un salut qui n’est pas encore pleinement accompli, mais qui a déjà commencé à se manifester.
Frères et sœurs, en cette solennité de l’Assomption, nous célébrons le jour où la Vierge Marie est entrée au ciel avec son corps et son âme. Comme son Fils, elle a traversé les eaux de la mort sans connaître la corruption. Avec tous les bienheureux de l’Apocalypse, elle se tient désormais sur le bord de la mer et elle chante « le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau » (Ap 15, 3). Marie, la nouvelle Miryam, entraîne tout le peuple des rachetés dans une immense action de grâce pour le salut qui nous est donné. Dans la gloire céleste, elle chante son magnificat, le cœur débordant de joie, jusqu’à la fin des temps.
La liturgie de ce jour, frères et sœurs, nous donne un écho de cette action de grâce de Marie dans l’éternité. Au fond de notre cœur, nous percevons le son de son tambourin qui nous invite à chanter avec elle la louange du Rédempteur. Oui, dans cette Eucharistie, nous sommes associés nous aussi au mystère pascal. Nous traversons la mort nous aussi pour vivre avec le Christ. Nous avons déjà part au salut nous aussi. Et même s’il n’est pas encore pleinement accompli en nous, nous pouvons chanter dès maintenant avec la nouvelle Miryam : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » Amen.
fr. Jean-Vincent