Homélie pour la Vigile pascale, 4 avril 2026
« L’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. » Parmi les évangélistes, saint Matthieu est le seul à nous rapporter la scène de l’ouverture du tombeau. La pierre qui en fermait l’entrée avait été scellée, et des soldats montaient la garde devant le sépulcre. Pourtant, un intervenant auquel les grands prêtres et les pharisiens n’avaient pas pensé s’introduit dans le récit : l’ange du Seigneur.
Nous avons déjà rencontré ce personnage mystérieux dans les lectures proclamées au cours de notre longue liturgie de la Parole. Et notamment dans l’histoire du sacrifice d’Isaac. À deux reprises, avons-nous entendu, le troisième jour l’ange du Seigneur appelle Abraham. La première fois, c’est pour sauver son fils de la mort. La seconde fois, c’est pour lui promettre une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et lui annoncer que toutes les nations se béniront un jour par le nom de sa descendance.
Dans les paroles qu’il adresse à Abraham, l’ange laisse un indice qui nous permet de l’identifier. Par deux fois, il lui déclare : « Tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » Or, celui qui a demandé à Abraham de lui offrir son fils unique, c’est Dieu. Le mystérieux personnage désigné ici sous l’expression « l’ange du Seigneur » est donc Dieu lui-même.
De la même manière, dans notre évangile, l’ange du Seigneur qui descend du ciel pour rouler la pierre n’est autre que Dieu lui-même. C’est ce qu’avait annoncé Ézéchiel quand il affirmait : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter. » (Ez 37, 12). Celui qui ouvre les tombeaux et qui en fait remonter, c’est Dieu. Dans le récit de saint Matthieu comme dans celui de la Genèse, Dieu est intervenu lui-même le troisième jour pour délivrer son Fils unique de la mort. Et dans la résurrection du Christ, il a pleinement accompli la promesse faite à Abraham. Car Matthieu avait commencé son évangile en affirmant que Jésus Christ était fils de David, fils d’Abraham. C’est donc à Jésus que se réfère la promesse faite à Abraham. C’est dans le nom de Jésus que seront bénies toutes les nations de la terre. Oui, grâce à sa résurrection, tous les hommes peuvent recevoir la vie éternelle en devenant fils d’Abraham, par la foi. Et cette descendance est aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Amen, alléluia !
fr. Jean-Vincent