Les oblats bénédictins : vivre dans la proximité spirituelle d'une abbaye

Qu'est-ce qu'un oblat ?

      L’oblat est « un fidèle vivant dans le monde qui, poussé par le désir d’une plus grande perfection et par une affection spéciale envers l’Ordre de saint Benoît, s’offre à Dieu et devient membre d’une communauté monastique d’une façon réelle, mais pas au même titre que les moines. Cette offrande n’est pas un vœu, mais signifie la volonté d’approfondir son sens et son amour de Dieu par une conversion poursuivie la vie durant ».

      Cette définition est tirée des Statuts des Oblats, approuvés par le pape saint Pie X. Ils recueillent la pensée authentique du restaurateur de Solesmes, Dom Guéranger, qui désirait « former une pieuse association de personnes qui se proposent pour but de reconnaître les bienfaits que Dieu leur confère par son Église et de se tenir unies à elle, toujours plus étroitement, afin de l’être toujours plus à son divin Époux ».

      L’oblat est un baptisé qui fait sien l’appel à la sainteté pour tous proclamé par le concile Vatican II. Par son engagement personnel, il entre dans une famille monastique pour en partager les fruits spirituels.

La Règle donne du sens : le sens comme direction à suivre et comme orientation, le sens comme signification et comme raison d’être.
Un oblat

Comment être oblat ?

Le baptisé qui désire s’inspirer de l’esprit de la Règle de saint Benoît pour en informer toute sa vie demande de faire partie de la communauté bénédictine : il devient postulant&nbspoblat, admis à faire un noviciat, c’est à dire un temps de probation et de formation. A la fin de celui-ci, il fait sa profession d’oblature : comme le moine, il rédige une charte où il&nbsp« promet la conversion de sa vie selon l’esprit de la Règle de saint Benoît », puis il dit ce verset du Psaume 118 : « Reçois-moi, Seigneur, selon ta Parole et je vivrai ; et ne permets pas que je sois confondu dans mon espérance ». La charte signée par l’oblat est déposée sur l’autel durant l’Eucharistie où les oblats (pain et vin) sont consacrés en son Corps et en son Sang. L’oblat qui se donne est aussi transformé par Celui auquel il s’est abandonné.
Si l’oblat est « un fidèle vivant dans le monde (...) poussé par le désir d’une plus grande perfection », l’oblature est, selon moi, une promesse, un don et un abandon…
Un oblat

Comment vit l'oblat ?

      L’oblat vit dans le monde. Son rôle n’est pas d’imiter l’état religieux et de vivre à la maison comme dans un monastère. Chacun doit vivre selon son état, moine ou laïc, de l’esprit et à l’école de saint Benoît. La communion n’est pas la fusion, qui devient confusion. Un Père Maître des oblats aimait dire qu’il y a autant d’oblatures qu’il y a d’oblats.

      Chaque oblat vivra en communion avec le monastère auquel il est affilié selon ce qui lui est possible de réaliser : prière liturgique, oraison, messe, lectio divina, chapelet, etc. Selon le temps dont il dispose et les conditions matérielles où il se trouve, il consacrera une de ses pratiques religieuses en lien avec son monastère et avec toute l’Église. La stabilité, l’oblat la vivra en tant que sa recherche de Dieu sera constante et persévérante et qu’il s’attachera à un seul monastère. Quant à l’obéissance et l’humilité, elles seront pour lui aussi les vertus maîtresses qui sous-tendront l’ensemble de son œuvre et qui en donneront l’âme et la vie intérieure.

      Saint Benoît a su condenser dans sa Règle une sagesse de vie issue de toute la tradition biblique et évangélique, source de sanctification pour chaque oblat. « Écoute… tu parviendras ».

Je vous avoue être attaché à l’abbaye « comme un marin à son phare », pour user d’une métaphore bretonne. Un phare spirituel, donc : un point en hauteur, solide et fixe, qui sert de repère dans la tempête comme par temps calme.
Un oblat