La Règle de saint-Benoît
" Qu'ils ne préfèrent absolument rien au Christ "
Règle de saint-Benoît, ch. 72


Des hommes à la suite du Christ


Qu'est ce qui réunit en ce lieu trente hommes, de 25 ans à 100 ans, très divers dans leurs origines ?
Un projet ? Un idéal ? Une mission ? Sans doute. Mais, d'abord et avant tout : Quelqu'un.

Dieu : le très-haut, le tout-autre, dans son fascinant mystère, le Père « qui habite une lumière inaccessible ».
Le Christ : le très-bas, le tout-proche, l'enfant de Bethléem, le charpentier de Nazareth, le prophète de Galilée, le crucifié de Jérusalem, le ressuscité de Pâques, Celui qui vit pour toujours à la droite du Père, Celui qui est avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde et qui communique son Esprit de lumière, d'amour et de vie.
L'Esprit : le très-intime, au cœur du monde, au cœur de l'homme, pour susciter la vie.



Reconnaître la place de Dieu, la première place, la place centrale, dans la vie quotidienne d'un homme : voilà toute le projet du monachisme.
Répondre à l'Amour de Dieu qui, dans le Christ, s'est fait proche de l'homme pour le sauver et l'attirer à sa Vie éternelle : voilà l'idéal du monachisme.
Témoigner, dans le silence et la fidélité, de la grandeur infinie et de la proximité inouïe du Dieu trois fois saint : voilà la mission du monachisme, dans l'Église et dans le monde.



" Nous allons constituer une école du service du Seigneur "
Règle de saint-Benoît, Prologue.


Le monastère : une école de vie spirituelle

Dès le 3e siècle, des hommes et quelques femmes quittent la vie en société et se retirent dans les déserts d'Égypte et du Moyen-Orient. Ils s'appellent Antoine ou Paul, Macaire ou Pacôme, Basile ou Jérôme, Paula ou Macrine. Ils se sentent appelés intérieurement à aller aussi loin que possible dans la préférence concrète donnée au Christ.
Certains vivent seuls dans de petites maisons, partageant leur temps entre le travail et la lecture, dans une prière qui cherche à être continuelle. D'autres forment des communautés où l'on apprend l'art spirituel à l'école d'un ancien expérimenté.

Dans l'Italie du 6e siècle, Benoît de Nursie (480-547) quitte Rome où il étudiait pour suivre la voie de l'Évangile. Il s'établit d'abord dans la solitude d'une grotte à Subiaco. Bientôt rejoint par des disciples, il met en place avec eux une première forme de vie commune. Il gagne ensuite le Mont-Cassin où il fonde un monastère important pour lequel il écrit une Règle. Il y meurt le 21 mars 547.
La Règle de saint Benoît se distingue parmi les règles monastiques de l'antiquité en raison de son équilibre humain et spirituel qui faisait déjà l'admiration de saint Grégoire le Grand (+ 607), le biographe de saint Benoît. Elle va devenir peu à peu au cours des siècles la principale règle des moines en Occident, celle que suivront toutes les grandes abbayes et leurs innombrables prieurés durant le Moyen-âge.

Selon la Règle, le moine vient au monastère pour se mettre à l'école d'un maître spirituel - l'Abbé du monastère - afin d'y apprendre les chemins du service du Seigneur : comment penser et agir de manière à plaire à Dieu et à sauver son âme. Par la Règle, l'Abbé et la Communauté, le novice entre en contact avec la tradition monastique vivante.
Le moine est d'abord un disciple du Christ, de sa Parole et de son Esprit vivants dans son Église.


Il apprend à servir Dieu et les hommes, à l'image du Christ qui est venu non pour être servi mais pour servir.
Il apprend à aimer, à l'exemple du Christ qui a donné sa vie par amour pour les hommes.
En avançant dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate et l'on se met à courir avec une inexprimable douceur d'amour dans la voie des commandements de Dieu.


Vocabulaire bénédictin
Le vocabulaire relatif à la vie monastique n'étant pas familier à tout le monde, vous trouverez ci-dessous nombre de termes avec leur définition qui vous permettront d'entrer plus facilement dans la lecture de notre site.

A-E
Abbé
. L’Abbé est le père supérieur de l'abbaye. C’est en général un membre de la communauté qui a été élu pour en être le responsable. Il est en charge du bien spirituel de chacun des membres, mais a également le souci des biens matériels de la communauté.
Abbaye. L’abbaye, ou le monastère, est le lieu où vit l'Abbé et sa communauté. Elle est constituée de plusieurs bâtiments dont l’église, le cloître, le chapitre, le réfectoire... et est entourée d'un mur de clôture. 
Angelus. Prière récitée trois fois par jour – matin, midi et soir – qui fait mémoire de l'incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Vierge Marie suite à l'annonce de l'ange – en latin angelus – Gabriel envoyé d'auprès de Dieu.
Bénédictin, bénédictine. Moine, moniale, vivant selon la Règle de saint Benoît († 547).

chant gregorien kergonanCellule.
Petite chambre où le moine étudie, médite, prie et dort.
Chapitre. Le chapitre est le lieu où la communauté se rassemble chaque jour pour recevoir des enseignements spirituels ou diverses informations venant de l'Abbé. Son nom vient de la tradition encore en vigueur dans certains monastères qui consiste à y lire un chapitre de la Règle commenté ensuite par l'Abbé.
Cistercien, cistercienne. Moine, moniale, appartenant à l'Ordre de Cîteaux ; Cîteaux étant une abbaye fondée en 1098 par un groupe de moines bénédictins de Molesmes en Bourgogne.
Cloître. Cour carrée située au cœur du monastère et entourée d'une galerie qui relie l’église, le chapitre, le réfectoire, la bibliothèque..
Communauté monastique. Ensemble des moines ou des moniales qui vivent en commun.
Complies. Dernier office de prière qui complète la journée.
Clôture. Enceinte – en général un mur – qui marque les limites de la propriété de l'abbaye et réserve cet espace à la communauté.
Coule. Ample vêtement en forme de croix, signe de sa consécration solennelle à Dieu, que revêt le moine ou la moniale pour les offices liturgiques.
Diacre. (Du grec diakonos : serviteur) Personne masculine ayant reçu le premier degré du Sacrement de l'Ordre et à qui revient de proclamer l’Évangile et de prêcher, d’assister l’évêque et les prêtres dans la célébration de l’Eucharistie, de présider au mariage et aux funérailles, et de rendre divers services de charité, notamment aux pauvres et aux malades.
Diocèse. Territoire placé sous la juridiction d’un évêque.
E-Ermitage. Habitation à l'écart du monde où vit un ermite.
Ermite. Solitaire se livrant à la prière, à la méditation, au travail manuel et/ou intellectuel, et à la pénitence.
Évêque. Successeur d'un apôtre, possédant la plénitude du Sacrement de l'Ordre et chargé d'enseigner, de sanctifier et de gouverner les croyants de son diocèse en coopération avec des prêtres et des diacres.

« Ils sont véritablement moines, s'ils vivent du travail de leurs mains comme nos pères et les Apôtres »
Règle de saint Benoît, ch. 48

F-N
Hôtellerie. Bâtiment où sont logés les hôtes du monastère pour vivre un temps de retraite par rapport à leurs activités habituelles.
Laudes. Du latin laus – au pluriel laudes – signifiant “louange”. Les Laudes sont la prière du matin dont la psalmodie se termine par trois psaumes de louange (Ps 148 ; 149 ; 150).
Lectio divina. Littéralement “lecture divine”, la lectio divina est une lecture quotidienne et priante de la Parole de Dieu contenue dans la Bible ; elle vise à mieux connaître Dieu et à L'aimer en Lui-même et en tout être par la mise en pratique de ses commandements.
Maître des novices ou Père Maître. Moine qui a pour mission de former les candidats à la vie monastique en les initiant notamment à la Règle de vie (celle de saint Benoît pour les Bénédictins).
abbaye de kergonanMoine, moniale. Homme, femme menant la vie monastique. On distingue le moine/la moniale cénobite – c'est-à-dire qui vit en communauté – du moine ou de la moniale ermite qui vit seul(e). Chacun, selon sa vocation propre, cherche uniquement Dieu et tend ainsi à réaliser son unité intérieure et la communion avec les autres ; d'où ces noms de “moine” et “moniale” venant du grec monos, “un”.
Monastère. Lieu d'habitation d'une communauté de moines ou de moniales (cf. supra “Abbaye”).
Novice. Nouveau venu dans un monastère que le Maître des novices initie à la vie monastique tout en discernant avec lui si sa présence dans la communauté correspond à la volonté de Dieu. Au chapitre 58 de sa Règle, S. Benoît souligne que l'on devra être attentif si le novice cherche vraiment Dieu, est assidu à la prière et à l’office divin, et prompt à l’obéissance. Dans la congrégation de Solesmes, la période du noviciat dure entre un an et un an et demi.


O-R
Œuvre de Dieu ou Office divin ou Liturgie des Heures. Temps de prière commune à l'église que les moines et les moniales accomplissent plusieurs fois par jour pour louer Dieu et intercéder auprès de Lui en faveur de tous les hommes. L'Œuvre de Dieu comprend les Vigiles ou Matines, les Laudes, Tierce, Sexte, None, les Vêpres, les Complies.
Oraison. Prière personnelle qui s'appuie sur la Parole de Dieu méditée dans la lectio divina, écoutée et célébrée dans l'Œuvre de Dieu, et par laquelle celui qui prie tend à s'unir toujours plus à Dieu sous l'action de l'Esprit Saint.
Petites Heures. Temps de prière commune d'environ un quart d’heure qui comprennent les offices de Tierce (troisième heure : neuf heures), Sexte (sixième heure : midi) et None (neuvième heure : quinze heures), ainsi nommés d'après la façon de mesurer le temps dans l'antiquité qui faisait commencer la journée à six heures.
Postulant. Candidat à la vie monastique qui demande à devenir novice. Dans la congrégation de Solesmes, la période de postulat s'effectue au monastère, dure au moins six mois et ne dépasse pas deux ans ; après quoi, l'Abbé peut, avec l'avis de son conseil, admettre le candidat au noviciat. chant gregorien
Profès simple ou profès temporaire ou jeune profès. Moine ayant prononcé des vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance et de stabilité pour une période de trois ans après un temps de probation – environ trois ans – au noviciat de l'abbaye.
Profès solennel. Moine ayant prononcé des vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance et de stabilité jusqu’à la mort. La profession solennelle intervient après au moins 6 ans de vie monastique.

Règle S. Benoît
. Écrite au VIe s. et s'inspirant d'une règle antérieure dite “du Maître”, la Règle de S. Benoît se compose d'un prologue et de 73 chapitres qui organisent tant la vie liturgique et spirituelle que la vie matérielle du monastère. Bossuet disait d'elle qu'elle est « un précis du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de la doctrine de l'Évangile ».
Religieux, religieuse. Personne consacrée à Dieu par des vœux au cours d'une cérémonie publique à l'église.

S-Z
Scriptorium. Du latin scribere, “écrire”, ce terme désignait au Moyen Âge l'endroit où certains moines reproduisaient par écrit des manuscrits bibliques ou autres. De nos jours, il fait référence, notamment dans les monastères cisterciens, à la salle où les moines/les moniales font leur lectio divina en commun.
Vêpres. Prière du soir – vesper en latin – qui fait pendant à la prière du matin, les Laudes.
Vigiles. Office de nuit qui, outre le chant de psaumes à l'instar des autres temps de prière, comprend d'assez longues lectures de la Bible, des Père de l'Église, d'écrivains ecclésiastiques et du Magistère de l'Église.
Vœux. Promesses temporaires ou à vie faites par un moine au cours d'une cérémonie publique à l'église. L'on distingue le vœu de chasteté (renoncement au mariage et à l'exercice de la sexualité pour se donner corps et âme à Dieu), le vœu de pauvreté (renoncement à tout bien personnel pour manifester Dieu comme Bien Suprême seul capable de combler le cœur humain), le vœu d'obéissance (renoncement à sa volonté propre pour adhérer à la volonté divine, source de la vraie liberté, médiatisée par le Supérieur), le vœu de stabilité (engagement à demeurer dans une même communauté ou dans une même congrégation pour signifier le mystère de l'Église comme communion des hommes avec Dieu et entre eux).

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